25 octobre 2015.

Depuis plus d'un an c'était l'objectif : le marathon vert, support des championnats de France...on y est...

Après les 100 km de Chavagnes 2014, Johnny m'avait lancé un défi sur la piste de St James :  « je m'occupe de la préparation, tu fais le marathon du Mont pour te qualifier. Tu vaux 3h10. Après il y aura Rennes où tu devrais faire mieux ».

Je l'ai un peu pris pour un fou au départ mais j'ai signé pour voir si ce qu'il disait était vrai et voir jusqu'où je pourrais aller .

Je n'ai pas été déçue !!

 Le Mont a été magnifique. Il s'est passé sans difficultés, sans « mur » au 30ème ou 35ème km, avec un 2ème semi plus rapide que le 1er.

Chrono 3h03min31 !!! un rêve éveillé. Du bonheur. Un nuage duquel j'ai mis plus d'une semaine à descendre. Même Johnny ne pensait pas que je ferais aussi bien.

 J'ai fait une pause de deux semaines puis j'ai repris l'entraînement. Mi juillet, ça n'allait plus. Les pulsations étaient trop élevées, je n'arrivais pas à finir mes séries de vitesse. J'ai tout abandonné pendant mes deux semaines de vacances dans le Finistère avec Pierre.

 Je suis revenue motivée, j'ai laissé le cardio de côté pour ne pas me prendre la tête et j'ai repris les entraînements.

 Fin août, les choses sérieuses ont commencé. Cette fois, je devais me préparer pour faire 4'15 (4min15) au km et passer sous la barre des 3h !!

Tout est passé et tout un peu trop vite même. Ça me faisait un peu peur mais ça a tenu avec à la clé ma victoire et mon chrono battu sur les 10km de « Tout Rennes Court » 15 jours avant le marathon.

 Avec mon temps de référence du Mont, j'ai eu droit d'être placée dans le sas préférentiel ce qui est très confortable.

Mon 1er km était trop rapide, je voyais Mickael Jeanne devant moi...4' au km...une grosse pensée pour Rémi et Johnny qui disent que si tu pars trop vite, tu fusilles ta course...aïe aïe aïe.

J'ai tenté de ralentir sans vraiment y parvenir ( ça peut paraître simple de se ralentir mais ce n'est pas forcément si évident que ça en début d'épreuve).

J'ai vraiment pensé que cette fois-ci je ne tiendrais pas la cadence. Le parcours n'est pas plat et je ne parvenais pas à trouver la juste vitesse.

 Beaucoup de coureurs me doublaient. Impressionnant. Je me disais que je ne devais pas être à ma place. De plus je ne me suis pas fiée au ballon des 3h car je ne l'ai pas vu au départ et je ne suis pas habituée à suivre quelqu'un pas à pas sur une si longue distance.

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 À chaque ravitaillement, l'eau étant dans des verres, j'ai été contrainte de m'arrêter pour ne pas m'étrangler avec une gorgée.

Les km passaient et on me doublait toujours...

je passe le semi en 1h28min49...une avance qui peut coûter cher je le sais. Je vois Catherine et Marc, puis ma mère et Régine.

Après le semi, plus personne ne me doublait, puis la tendance s'est inversée, c'est moi qui repassait devant et plus je passais plus je me disais que ce n'est pas moi qui avait mal géré ma course mais les autres.

Je n'ai jamais vraiment couru en groupe ou protégée lors des rares  petits souffles de vent malgré les conseils de Johnny car je ne sais pas faire ça non plus.

 Au 30ème, j'ai doublé Jacky Fontaine d'Avranches. Encore une fois un peu peur. Je ne vois jamais ce gars sur les courses car on n'a pas le même niveau...il est toujours loin devant. Il m'a encouragée et  conseillé de ne pas trop faire d'accélérations. J'ai acquiésé et continué ma route sans ralentir. Et peu de temps après j'ai accéléré et fait à nouveau, sur des km descendants, du 4' au km..ouh là pourvu que ça tienne...

Au 35, toujours bien, même mieux qu'au départ car je savais qu'en cas de baisse de régime, à 5' au km j'étais malgré tout sous les 3h.

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Au 38ème, grosse frayeur : une douleur que j'avais eue lors de la préparation de Chavagnes 2014 s'est réveillée. À l'os en bas de la fesse gauche : une décharge qui m'a arraché un cri.

La douleur est restée présente jusqu'au bout mais n'a rien changé à ma vitesse. Heureusement je n'ai pas eu d'autres décharges.

 

Les derniers km, le monde, les pavés, j'entends la voix de Jean-Luc Bot....bonheur, j'accélère. Mon dernier km est fait en 4min. La ligne droite. Dans tout ce monde je ne vois que Béatrice la sœur de Pierre qui m'encourage à fond.

 J'accélère encore, je vois le chrono rouge qui égraine les secondes...peut être sous les 2h57...non.....2h57min02

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Bonheur !!! j'avais du mal à imaginer passer sous les 3h même avant le départ...ou alors 2h59min58 mais là...j'améliore mon chrono de 6min29 !!!

J'avais moins le sourire que sur le parcours du Mont et davantage mal aux cuisses mais je suis HEUREUSE. Le travail a payé. Mon 2ème semi et un peu plus rapide que le 1er comme au Mont !!

 Qui aurait cru il y a quelques années que j'aurai fait un marathon en moins de 3h ? pas moi en tous les cas !!

 ça fait 10 ans que je suis à GDM : joli cadeau d'anniversaire

 

 

Tout cela aurait été impossible sans Johnny ((johnny mon entraîneur - photo archives - 10 km Pontorson 2013))

, sans toutes les personnes que je côtoie dans ce club et qui font l'ambiance et donnent envie de faire des courses variées, sans des gens avec qui je me suis beaucoup entraînée, sans ceux qui font rêver par leurs exploits sportifs....MERCI à Jean-Mi, David, Odette, Catherine, Pascal, Jean-Louis, Albert, Patou, Loïc, Les Micka, Martine, Rémi, Désiré, Jacotte, Ludo et tellement d'autres.....

Merci à vous car sans vous l'histoire n'aurait pas été aussi belle.

 Merci à Pierre qui depuis 2 ans et demi est mon plus grand soutien et c'est énorme.

Merci à ceux qui étaient sur le parcours, qui ont envoyé des messages ou ont pensé à l'épreuve.

Merci à ma famille : supporters inconditionnels

 il y a 10 ans, j'avais envie de courir un peu. Avant de m'inscrire à GDM, j'avais appelé Avranches. Je ne sais plus où j'ai eu le numéro ni à quoi il correspondait. Celui que j'ai eu au téléphone m'avait répondu qu'ils faisaient aussi des haies, de la piste…de l'athlé...ce n'était pas ce que je voulais . Je n'ai pas dû avoir le club d'Avranches sinon je ne sais pas quelle serait l'histoire aujourd'hui mais elle serait forcément différente.