Rémi : "Pas facile de passer derrière Martine et Pascal pour parler de ce 100 km de Belvès ! Manquerait plus que David et Mika s'y mettent !!!!!!!

Un scénario impossible à écrire ! Le verre à moitié vide ou à moitié plein ????

Depuis que le France de Belvès était programmé, je n'ai jamais cessé de me dire que cela allait être difficile ! Non pas pour garder le titre par équipe, car c'est un résultat qui peut être très aléatoire, nous l'avons vu lors de notre premier titre à Chavagnes où nous avons gagné pour 57" sur les éternels favoris de Mika Boch, mais que :

- ce parcours est très difficile: je l'avais fait à vélo et avais remarqué que les difficultés étaient concentrées sur la même partie (40-60ème km)

- qu'il y avait le risque de chaleur, région oblige, et que le départ tardif (8h) était préjudiciable aux performances - ce qui est vérifiable à la vue des résultats depuis 2000

- enfin  et surtout que notre effectif était décimé: pas de Réjane, pas de Loic L, pas de Pierre G, etc et pour finir, la défection sur blessure de David L, de Christophe L, et aussi la méforme trop longue de Mika J.

 Par dessus tout cela, je m'étais engagé, après ma défection de l'an passé à suivre David sur le 100km. J'ai donc programmé mon opération du genou pour pouvoir réaliser cet objectif. L'opération ayant eu lieu 2 semaines plus tard que prévu, j'ai maintenu cet objectif, bien que je le savais difficile à réaliser compte tenu du problème de rééeducation de ce type d'articulation. Je pense que David s'en est aussi rendu compte ! J'ai fait le maximum pour cela !

 Enfin, le 21 avril est arrivé avec toutes les appréhensions prévues  + la chaleur !

 Tout de suite, nous savions les performances impossibles ! restaient les places à prendre ! ça on sait le faire à GDM, fallait provoquer la chance aussi, en plus de la classe et du mental des coureurs !

Pour Mika, c'était simple, partir doucement, ne pas accélérer, et finir avec les moyens du bord. Objectif réussi au-delà des espérances. Quand j'ai pu avoir les infos, au fur et à mesure de la course que j'ai suivie sur le vélo ou sur le bord de la route, j'ai su rapidement que Mika allait terminer. De plus, quand j'ai su qu'il était 12ème et que David était à la dérive avec moi au niveau du 80ème, j'ai deviné aussi que Mika allait nous déborder "par la gauche". Quand il nous a passés au 85ème, je pense qu'il a été aussi très malheureux que David ne puisse pas le suivre.

A ce moment-là, David et moi avons trouvé Mika "monstrueux". Comment avait-il pu trouver les ressources pour arriver à courir comme cela un 100 km après moins de 150 km d'entrainement en 2 mois ? On sert à quoi, nous les entraîneurs ????

 Pour Pascal, que je ne connaissais pas sur 100 km, il paraissait quasiment sûr qu'il irait au bout, car il était d'abord venu pour cela, se sacrifier pour l'équipe et GDM. A chaque fois que le l'ai vu, 38ème au 55ème, il était tellement bien que je savais que l'objectif serait atteint. Son arrivée à Belvès fut une délivrance (pour lui sûrement !) mais aussi pour l'équipe qui savait, que grâce à lui, GDM était sur le podium du France !

 Enfin, David, que j'ai pu suivre durant 60 km environ, très bien épaulé par Vincent, son frère, pour toutes les zones vallonnées de Sarlat, la course a eu plusieurs aspects :

- la facilité et la retenue : 10 km, comme prévu en "footing" à 14km/h maxi. Puis les 28 suivants avec un recadrage permanent de la vitesse pour garder une moyenne "raisonnable" compte tenu de la chaleur

- la "montée en puissance" et le rythme de croisière, avec les côtes du 38ème au 60ème km, mais aussi et surtout la montée du mercure qui a dû atteindre 28-30° suivant les situations, sans vent, mais très bien gérée par Vincent en matière de ravitaillement.

- la rupture : je devais récupérer le relais à vélo au 76ème km - avec Réjane, Odette, Bertrand en minibus, nous remontions les coureurs depuis le 56ème jusqu'au 76ème. Arrivés au 70ème, nous avons vu la galère de certains favoris, dont V. Laporte, abandon, puis H. Seitz, presque en perdition après le 70ème, quand nous arrivons au 71-72ème, David qui marchait - incroyable (pour moi !!), je n'y croyais pas - "crampes" nous dit  Vincent, son suiveur à vélo du moment - je me dis que ça va passer, mais on voit bien qu'l y a autre chose ! Nous allons jusqu'au 76ème km, passage de relais vélo entre Vincent et moi et nous attendons. Attente très longue, trop longue, c'est pas possible ça ! Odette file au devant avec ma bombe de froid utilisée pour mon genou ! Mais nous voyons passer l'Anglais, puis Seitz, toujours pas de David, heureusement les écarts sont importants. Mais après quelques 30', nous voyons David arriver, il marche toujours. Odette nous informe qu'il a eu les symptômes d'une insolation ou d'un coup de chaleur. C'en est terminé des espoirs de performance en matière de place. David décide de continuer - terrible décision, il me fout les boules - je repars à vélo ...derrrière lui, je n'arrive même plus à monter les raidillons ..il s'est remis à courir ! incroyable ! Cela dure 2-3 km et il se remet à marcher.

Il alternera plusieurs fois cela. Mais le pire reste à venir, il  reste quand même près de 25 km et il fait de plus en plus chaud. David se demande ce qu'il fait là ! je ne sais plus quoi lui dire. Tout est superflu, je sais qu'il a "sauté" dans sa tête, qu'il n'a plus d'essence. L'alternance de course (très courtes portions) et de marche (beaucoup plus longues mais à 6km/h quand même) n'y change rien, il me fait peur ! Quand il se met à vomir en plein milieu de la pampa, avec sans doute 30° au compteur, et avec des bénévoles qui lui demandent si ça va, là franchement, j'ai eu plusieurs fois envie de dégainer mon Samsung pour appeler les secours ! Mais David est volontaire au possible, il verra plusieurs concurrents le doubler, mais ça il s'en fout, il verra aussi Mika le passer, et il saura l'encourager et lui demander de continuer sans lui !

Enfin entré dans les 10 derniers km, il se refera une "petite" santé pour pouvoir terminer les 6 derniers en courant, sans s'arrêter, et en se permettant même d'essayer de me lâcher dans la côte de 1,7 km de l'arrivée à Belvès.

Ce 100km ne sera sans doute pas le plus beau souvenir que je garderai, mais au niveau de l'admiration que j'éprouve pour David, Mika et Pascal pour avoir couru dans ces conditions, je n'aurais voulu, pour rien au monde, manquer cela. Un grand merci aux accompagnateurs de GDM qui ont su porter et motiver ses athlètes. 

 Je donne donc rendez-vous à Amiens, le 12 octobre 2019, à tous les 100 bornards déjà "qualifiés" pour le France : Mika, David, Réjane (qualifiée d'office), Loïc, Pierre, David L, Pascal (qui a acquis sa qualif de haute lutte !), Christophe (qui voudra sûrement se rattraper !) et peut-être d'autres ???

 je pense que j'aurais pu encore en dire, mais il faut bien s'arrêter, il faut aussi "du temps pour lire " !!!!!!!!!!!! et il est déjà 0h 19 !!!"