Samedi 24 février 2018,  je termine mon ultra trail de St-Malo 107 km,  35ème au classement et 4ème place  sur le défi  (12 +107). Le lundi et le mardi passent  et le mercredi déjà envie de courir, je fais une belle séance avec 3*2000 à 15 à l’heure, à ce moment-là, comme je dis souvent, la prépa a été bonne car elle sert pour la course mais aussi après. Les semaines se suivent, les jambes tournent super bien,  Guerlédan est encore loin mais je prends un plaisir fou à courir 90 bornes par semaine, puis vient ce moment où les points d’interrogation arrivent à GDM : David Le Digarcher est  blessé, Mickael est toujours en stand bye et c’est  vrai : 5 semaines avant le 100 km je me dis « est- ce que j’aurai les moyens d’aller à Belvès »  (récupération  - courir sur bitume ).  Je regarde la carte et me dis « putain, ça fait loin ».

J’oublie pour l’instant et comme j’ai dit à Jean-Luc « je me cherche des arguments pour me convaincre que c’est pas fait pour moi » - (Pascal Bêlé courir un 100 km bitume, c’est à l’inverse de ce qu’il adore) ; mais tous les soirs je cours sur le bitume à 12 à l’heure, j’augmente le volume et l’organisme accepte (j’essaie d’y croire mais je me cherche des bobos) ;  ça commence à parler sur la piste le jeudi soir lors de l’entraînement en commun de GDM  (merci  Strava de dévoiler mes séances…), le vendredi soir  aussi lors de l’entraînement des jeunes, etc…

A 15 jours de l’événement, le boss m’appelle et je sais pourquoi, je dis oui  à 99% car j’ai toujours cette appréhension du côté monotone du 100 bornes et du bitume. Le dimanche,  je fais un marathon à l’entraînement en 3h30 et là je valide définitivement.

 Vendredi 20 avril, 5h30, début de la journée au taf, attention à ne pas trop marcher, à bien s’hydrater,  puis l’heure du départ arrive,  Odette et Bertrand ( très grand merci à eux)  viennent  me chercher avec mon grand Théo, direction Belvès pour 8 h de route environ , la route se passe bien - arrivée sur place vers 22 h , Jean-Luc,  en « seigneur »,  vient nous chercher. Puis très vite prépa du dossard et chaussures puis dodo.

Samedi 21 avril - Lever : 5 h let’s go to Belvès avec toute la famille GDM, le sérieux se lit sur le visage de David et un peu d’appréhension sur celui de Micka (2 énormes mecs, jamais la grosse tête toujours la blague des zzzélites de qualité ) -  je me dis « je complète une équipe de champions ».

depart belves

Ligne de départ, ça rigole déjà moins.  Tout le monde parle de la chaleur et des dégâts qu’elle fera mais je suis persuadé que beaucoup en parlent sans vraiment y penser personnellement. Et c’est parti,  ça déroule gentiment, je regarde ici et là et je constate qu’il y a énormément de vétérans M1.M2.M3,  ça rajeunit pas tout ça !!! les 12 premiers km passent très vite à 4.55’ de moyenne au km, je retrouve mon grand Théo à vélo, on croise Bellanca qui a abandonné - je dis à Théo « envoie un message à Bruno » qui, je sais, doit suivre la course  (un mec en or aussi celui-là).

Ensuite jusqu’au 38ème km, je n’ai absolument rien à dire tellement c’est facile,  tous les clignotants sont au vert,   nous croisons à de multiples reprises la famille GDM (je le dirai plus bas, mais ce sont eux les champions, ce sont eux qui portent le projet très haut) -  au 38ème km je quitte Théo pour retrouver DD en suiveur vélo  (comme dira Théo « on rigole bien avec lui »). Jusqu’au 57ème km, les allures restent toujours très bonnes, je commence à même imaginer un bon chrono  (et avec le recul c’est sans doute là que je fais une erreur : j’accélère dans toutes les côtes et me ravitaille moins, je double à plein pot,  puis j’arrive sur cette très grande ligne droite où il fait encore plus chaud,  la route est ouverte aux voitures (quelle merde ! ) et paf ! un voile blanc sur les yeux : arrêt obligatoire au stand tête dans la bassine pour me rafraîchir, mais je n’arriverai jamais à retrouver l’aisance que j’avais, l’estomac se tord , la foulée raccourcit et ma tête est une cocotte-minute.

La suite est alternance de marche et course, l’envie n’y est plus du tout (oui Réjane !) -  je sais que j’irai au bout mais à contrecœur, tellement je m’énerve sur la chaleur, les voitures, les ravitaillements chauds. Heureusement que la famille GDM est là pour me donner des nouvelles et m’encourager, au 78ème km changement de vélo, je retrouve mon Théo et il me dit « tu sais papa tous les coureurs alternent marche et course devant, ils ont la même tête que toi », est-ce que ça doit me rassurer ou plutôt me dire « essaie d’avancer plus vite »,  je ne trouverai jamais la réponse à cette question car je n’ai juste envie que d’une seule chose :  arriver pour me poser au frais. Donc je cours à 8 à l’heure environ,  les km passent très doucement.

Au 88ème km, Théo me dit « Regarde Jean-Luc vient te chercher à vélo », (je pense qu’il comprend très vite que j’en ai ras la casquette comme beaucoup),  mais pourtant je me permets de lui dire « je reviendrai par temps frais »  merci à lui de venir m’accompagner sur cette fin. Le 98ème km arrive-  comme dirait David « faux plat montant », évidemment la famille GDM est là et m’encourage plus que tout dans cette dernière montée (merci Réjane de m’avoir boosté même si je n’avais pas trop envie de te répondre) -  je me rappellerai de ta phrase !!! « comment ça tu n’as plus envie »  (pétasse !) et les phrases des autres « il faut que tu cours »,  « allez tiens bon » -  pfffffff !!!!!! Enfin cette ligne d’arrivée et surtout cette chaise sous un stand où le soleil n’est pas !!!!! puis ça parle du podium (une chose à laquelle je n’ai jamais pensé 1 seconde pendant la course).  Je retrouve David et Micka -  la course a été dure pour eux également , ma tête est encore à l’envers, ça discute.

Puis un moment de grâce arrive : cette montée vers le podium

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(je réaliserai seulement le lundi),  cette médaille à forte notoriété, les 3 copains se rapprochent pour les photos,

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l’instant est bon et magique comme dirait très justement Martine (une médaille d’argent qui vaut de l’or), je suis fier d’avoir rempli l’objectif, j’en referai un !! quand ? je ne sais pas mais sûrement sans le soleil qui a pourri le chrono à tous et qui rend cette médaille encore plus belle (partis à 3 arrivés à 3).

 Ça ne remplacera jamais l’ultra trail, - mes courses préférées -  mais malgré les conditions météorologiques , j’ai vraiment ressenti beaucoup de bonheur à defendre 100 km pour le maillot GDM. Fier d’avoir dit « oui » .

Maintenant suite de la saison sur le trail de Guerlédan 70 km,  le 177 km du Morbihan avec Jean-Michel puis le trail du Sancy 110 km !!!

 Je finirai ce CR par l’essentiel à mes yeux :  mon ressenti perso  

le 100kms à GDM : c’est pas seulement l’histoire de mecs ou filles qui courent , non c’est surtout l’histoire des accompagnateurs (Jean-Luc , Martine, Odette, Réjane, Rémi , Edith, Vincent, Bertrand, Désiré, Jacquotte et les autres) , qui portent le projet tellement haut, tellement fort avec le cœur, ils te remercient , te félicitent,  t’encouragent quotidiennement  dans les moments forts ou plus durs.

 Ils sont les vainqueurs de la journée, sans vous rien ne serait pareil.

Je dis et je répète très souvent l’essentiel dans la compétition est avant tout la satisfaction personnelle (courir pour soi) .

Les valeurs du sport (ou de la vie) ce n’est pas de terminer premier, c’est aussi transmettre la solidarité, la cohésion, le respect, des arguments réunis samedi.       

 Les cent bornards de GDM ont encore de beaux jours devant eux, fier d’être venu sur votre terrain de jeu,

je vous attends maintenant sur le mien !!!

bele couvert web

 

Mention particulière à Théo ma locomotive,

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Sabine et Ethan, cette médaille je la dédie à mes 2 Etoiles, à qui les yeux auront brillé en la voyant .