Une course connue par un grand nombre de traileurs,  une course mythique de 72 km – 1730 m D+  (40% de sentiers et 60% de routes)  qui relie St-Etienne à Lyon via les crêtes des monts du Lyonnais.

Je voulais la faire il y a déjà 2/3 ans, je me disais une course totalement de nuit, ça peut être sympa…

Donc finalement en octobre avec Jean-Michel, nous en avons parlé deux minutes après son abandon au Mercantour de Nice pour l’aider à se relancer. Et seulement en deux minutes nous nous sommes dit « ok » ;  donc deux jours après on était inscrits !

 Enfin un objectif pour moi dans la saison !

 A quatre jours du départ, mauvaise nouvelle je suis bien enrhumé,malade1…  merde pas avant la course pfff….

Le vendredi midi juste après le travail, direction Nantes pour un décollage à 16h20 !Déjà plein de sms d'arrivés mais le départ n’est que demain ! La pression commence à monter...

Enregistrement des bagages, puis nous voilà installés dans l'avion. Une hôtesse vient de se prendre un bagage sur un pied merde...

giphyon patiente, les pompiers arrivent, 45 minutes plus tard on nous informe que pour des questions de sécurité, il doit y avoir 5 personnes à descendre de l'avion car il y a une hôtesse en moins ! On nous propose de prendre le prochain avion à 21h en nous dédommageant de 250 €  et en nous donnant à manger. Nous on ne peut pas : on a les dossards à aller chercher à notre arrivée !! finalement 5 personnes ont pris cette option, merci à elles.

                                                      17h30 on décolle enfin !bon-voyage

Nous voilà arrivés à Lyon, nous retrouvons Jean-Lou notre super chauffeur du week-end !  Direction la salle Tony Garnier pour aller récupérer notre dossard, il est 19h40 quand on arrive devant la salle et là environ quarante personnes qui attendent dehors,  le ton monte

donald-est-en-colere ! bizarre. L'entrée de la salle est fermée !!  Sur le site internet,  c'était pourtant noté qu’on pouvait récupérer les dossards jusqu’à 20h  grr ! Finalement ils ont bloqué à 19h30 pour qu’à 20h il n’y ait plus personne dans la salle ! Cool !!  donc retour pour aller chez les amis pour dormir. Quelle journée ! le week-end commence bien !

 Samedi matin, nous retournons à Lyon pour chercher nos fameux dossards

20161203_104226– voilà une bonne chose de faite ! Le samedi après-midi est plutôt calme – mais  impossible pour moi de faire une sieste - donc canapé tout l'après-midi,  je suis usé, … c'est long d'attendre minuit !

Nous mangeons vers 20 h, puis direction St -Etienne - 1 h de voiture, ça y est ! enfin le départ,

                                                                  froidet il fait un froid  de canard. Nous rentrons dans la salle

foule départ salle saintélyonhistoire de nous préparer puis allons au départ pour être bien placés. Eh oui à la Saintélyon il n’y a pas de sas !!! Finalement 1h45 d’attente passe assez vite, le froid avec la foule ne nous gêne pas trop. Nous sommes bien à 7m de la ligne donc dans les 500 premiers ! Sur 6000 coureurs, faut pas trop se plaindre.

 

départ saintélyon 23h40 c'est parti !!!!!!!!

 

 On s'encourage avec Jean-Mi et c'est parti, même parti vite,  tout le monde est fou ! je suis à 14,5 km/h de moyenne et je me fais doubler de partout !

Je passe le 5ème km à 12 de moyenne, je trouve ça dur. J'ai déjà envie de dormir et je décompte déjà le nombre de km (encore 67 km à faire ) quand ça commence comme ça c'est pas bon …

Arrivé au 15è km je ne m'arrête pas au ravito pour gagner des places, 18ème km un gros mal de ventre arrive,

                                                                                                                 boyauxje suis obligé de m'arrêter pour me soulager… je marche et je repars. Km 22, même chose… j’ai dû choper un coup froid au ventre. Au ravitaillement du 28eme, je m’arrête une minute maxi et bois un demi-verre de soupe, ça ne passe pas. Arrivé au 36è km un énorme mur à monter je n'en peux plus je mets 16 min à faire 1 km. Je vais voir un secouriste de la Croix Rouge pour lui demander un médoc pour le ventre, il me répond qu’il ne peut rien faire pour moi, il n'est pas médecin, le médecin est en haut de la montée, bon ben je continue à monter…Personne en haut je laisse tomber et repars  en marchant car j'en peux plus, j'ai juste envie d'une chose c'est de dormir !!!.

Je regarde quelques messages,

xzvk0ig9 j'appelle Nolwenn ; je vois que j'ai loupé un appel de Mickael Chrétienne,  oh il doit être dans le coin !! je ne rappelle personne. Je suis gelé, j’ai vraiment envie d’arrêter car je n’ai plus du tout envie de courir. Bon allez, je me force à courir pour essayer de me réchauffer. 

 On reprend un chemin qui descend et là c'est reparti je double des coureurs et commence à reprendre plaisir sur quelques km et vlan !

                                                                                                                      mickaëlle ventre qui remet ça, je stoppe encore et du coup le moral retombe, je vois un panneau : arrivée à 40 km ; je me dis malgré tout : 40 c'est pas énorme c'est juste un entraînement avec Jean-Louis !

Je ne mange et bois toujours pas, du coup je ne m'arrête pas aux ravitaillements (désolé Micka),  je suis avec un coureur qui est en relais, il court 21 km, son allure me va,  ça me pousse, les km passent ! Arrivés à une grosse montée, je lui souhaite bonne route, car ça commence à piquer grave pour moi.  Je passe un coup de fil à Mickaël,  il me reste 13 km ! Il avait essayé de me trouver sur les ravitos pour m’encourager - (mais de nuit pas facile) – ça me donne une bonne motivation de rejoindre l'arrivée. (Il me dira qu’il m’a attendu aussi au dernier ravito, mais comme je ne m’arrête pas, il m’a encore loupé !)

L’arrivée est à 10 km, enfin ça se termine !

Les km sont longs, j’ai zappé le panneau arrivée 5 km ?  "« Oh j'ai dû le louper, il doit m'en rester 3 ou 4", eh bien non ! on monte une longue côte,  (comme l’Eblet à St-James pour ceux qui connaissent) et là en haut le panneau du finish à 5km, pff c’est long …Je rappelle Micka pour lui dire où je suis,  pour qu’il m’attende à l’arrivée ! Je suis pressé de le voir.

Je regarde ma montre, je continue à courir elle sonne le km, je continue 300 m plus loin je vois arrivée 4 km, putain il y a 1,300 km entre  le 4 et le 5 !

Et là on remonte encore une grosse côte presque la même que tout à l’heure puis on descend une centaine de marches. Arrivée 3 km, ça sent bon ! On remonte des marches et là on voit la salle d'arrivée de loin. Dernier km, j'entends Micka ? Hein ? on m’appelle,  je me retourne eh oui : Mickael Chrétienne  qui est là ! Super ! ça me fait trop plaisir, il court avec moi, il me dit que j'étais à 14,5 de moyenne par endroits,  super ! Plein de photographes sont là,  puis l'arrivée se fait dans la salle Tony Garnier . Je passe enfin cette ligne en 7h19

                                                                                     arrivée mickaëlQue ce fut dur cette course !!

 Finalement cette course je l'ai faite au mental mais cette fois pas que la fin, toute la course. La température était comprise entre 5 et -3 sans le vent.

Une course de nuit, c’est très particulier, rien à « voir » avec une course de jour. « Quand vous courez de nuit, les mêmes difficultés auxquelles vous faites face en journée sont amplifiées par le manque de lumière ambiante ; ce phénomène peut souvent vous donner l’impression de courir dans un tunnel. Eclairer votre chemin avec une seule source de lumière – la lampe frontale – peut déformer la façon de percevoir l’environnement que vous parcourez. Votre perception du relief s’abaisse, vous voyez le terrain plutôt en deux dimensions, ce qui vous demande plus d’attention sur un sentier technique car vos yeux distinguent les obstacles avec beaucoup plus de difficulté. Certains coureurs compensent en mettant une lampe supplémentaire au niveau de la ceinture. En plus des changements de perception, courir de nuit peut augmenter la fatigue sans que vous vous en aperceviez car vos yeux doivent faire plus d’efforts pour analyser le terrain. Il faut également rester plus attentif la nuit pour bien repérer les cairns, les balises, etc. » (source conseils UTMB)

 En fin de compte, je suis finisher, une chose que je n'aurais pas cru possible au 30ème km, je suis quand même satisfait de ma place malgré mon objectif de faire un top 100 et moins de 7 h, je finis donc en 7h19 et 144ème. Sans ces foutus maux de ventre j'étais largement dedans. Certains vont dire 144 sur 6000 et il n'est pas content ! Mais voilà à chacun ses objectifs !

 En tout cas une course de plus à mon palmarès

 Je suis aussi content pour mon pote Jean-Michel

jean mi gelé                  arrivée jeanmiqui est aussi finisher malgré ses problèmes digestifs récurrents,  finir 1500ème sur 6000 ce n'est pas rien ! il mérite le respect comme tout le monde ! Comme on dit le premier a du mérite mais le dernier aussi car il passe beaucoup plus de temps sur les chemins !! Sur ce genre de course de toute façon, il y a beaucoup de respect entre tous les coureurs.

 La page est déjà tournée, l'entraînement est repris et je me projette déjà sur le 110 km d'Annecy en mai prochain, une course bien différente de la Saintélyon.

Une course à laquelle j’ai pensé pendant la Saintélyon, je me disais je suis déjà inscrit sur un 110 km  alors que sur celle-là de 72 km,  je souffre déjà…

J'ai pensé à rechanger de distance : passer sur le 86km voire même le 42. Mais non il m'en faut encore plus, du coup je reste bien sur ce 110km, c'est entré dans la tête et c'est pas près d'en ressortir !

 Je remercie toutes les personnes qui nous ont encouragés. « Vous êtes juste énormes », sûrement pas loin de 100 sms de soutien dans le week-end. On voit bien que GDM est soudé. « Gdm que j'ai rejoint il y a à peu près 4 ans, il n'y a pas 2 clubs comme nous c'est impossible !!!!!! merci merci merci vous êtes tous super ».

Merci aussi à Jean-Lou et Muriel pour l'hébergement, le transport… sans vous cela aurait beaucoup plus compliqué en gestion des à-côtés. Merci encore20161204_104507

Mickael Chrétienne « quant à toi, merci beaucoup d'être venu d’Annecy (à 2 heures de Lyon) - (où tu travailles maintenant), même si tu m’as loupé plusieurs fois, je te redis encore mille mercis et c'est aussi grâce à toi et à Nolwenn,

mercima chérie, qui était là aussi et qui m’a beaucoup soutenu,  que je l’ai passée cette  ligne !   Merci ».

 Juste un dernier mot : vive les bleus ! vive GDM !!!!!!!!!!